Nous voici à nouveau en compagnie de Jean-Baptiste : c’est le tout début du temps ordinaire. Il faut désormais insister sur la mission qui attend Jésus. Jean-Baptiste nous en donne des clés.
Jean oriente le regard de tout le peuple venu à lui vers celui qui vient, le Messie. Il est étonnant que Jean dise qu’ « il ne le connaissait pas ». Cela veut peut-être dire que ce Messie n’est pas tel qu’il imaginait. Pour le moment, Jean affirme que celui qui vient maintenant est passé devant lui car, « avant moi il était » ! Ce « avant moi il était » évoque pour nous le « Verbe qui était auprès de Dieu » du prologue de l’évangile.
Jean-Baptiste désigne Jésus comme celui qui doit être «manifesté au peuple d’Israël » Il a vu « l’Esprit descendre et demeurer sur lui » au baptême… Nous apprendrons que cet Esprit est venu à la Pentecôte pour tous les peuples.
Et puis bien sûr l’ « Agneau » : c’est l’évocation de l’exode du peuple d’Israël hors d’Égypte et de l’agneau pascal de la Pâque. Pensons aussi à l’agneau évoqué dans un poème d’Isaïe qui, « n’ouvrant pas la bouche, sera conduit à l’abattoir ». Sans oublier l’agneau (le bélier très exactement) qui fut sacrifié à la place d’Isaac rendu vivant à Abraham par Dieu… préfiguration de la résurrection de Jésus.
Discrètement, dès le début de ce temps ordinaire, nous sommes orientés vers l’avenir qui éclaire déjà la « carte d’identité » du Messie : Jésus, l’Agneau qui a donné sa vie, et dont la résurrection nous engendre à la vie divine par le baptême dans l’Esprit Saint.
Père Richard ESCUDIER