Allons à la rencontre du ressuscité, ou plutôt, laissons-nous rejoindre par lui ! Célébrons ce dimanche la joie d’une présence définitive du ressuscité à travers une absence qui nous éprouve et nous invite à le chercher encore.

L’évangile de cette nuit nous montrait Marie-Madeleine cherchant Jésus, constatant le tombeau vide, envoyée pour annoncer la bonne nouvelle. Elle est celle qui prévient les apôtres, la femme messagère. Elle ne croit pas encore : « on a enlevé le Seigneur… nous ne savons pas où l’a mis » ; il faudra une future manifestation de Jésus pour qu’elle comprenne…

Nouvelle course : cette fois-ci ce sont Pierre et le disciple que Jésus aimait – peut-être l’évangéliste lui même. Simon Pierre entre dans le tombeau, il voit le linceul qui est resté là… Mais c’est du disciple, entrant à son tour et ayant vu le linceul et le suaire qui recouvrait la tête, que l’évangéliste écrit « il vit et il crut ». Le tombeau vide, comme une marque en creux, dit une présence sous un autre mode. Pour nous, s’ouvre une nouvelle histoire illuminée par le matin de Pâques. La foi nous ouvre à un événement certain et en même temps masqué…

Ce que nous célébrons à Pâques est comme la clarté de la vie qui triomphe de la mort : nous sommes comme absorbés dans une nuée obscure et lumineuse à la fois. Ce que nous croyons, nous ne le voyons pas. En revanche nous croyons au témoignage de ceux qui ont vu.

Les catéchumènes baptisés cette nuit ne nous ont pas seulement ouvert la voie pendant le carême, ils la continuent avec nous… en compagnie du ressuscité !

P. Richard ESCUDIER