Jésus regarde les foules. Il est « saisi de compassion », car elles sont « désemparées et abattues comme des brebis sans berger ». Tout commence par ce regard du Christ : un regard qui voit la fatigue des hommes, leurs blessures et leurs besoins.
Devant ce manque, Jésus appelle ses disciples et leur confie une mission. Les Douze ne sont pas choisis parce qu’ils sont parfaits. Ils sont très différents les uns des autres, avec leurs histoires, leurs limites. Pourtant, Jésus les associe à sa propre compassion. Il fait d’eux des ouvriers pour sa moisson.
Cette mission n’est pas d’abord une œuvre humaine. Elle naît de la prière : « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Avant d’agir, il faut prier ; avant de servir et d’annoncer la Parole, il faut se laisser toucher par le Christ.
Aujourd’hui encore, les foules sont là : hommes et femmes blessés, seuls et parfois perdus. Et le Seigneur continue d’appeler. Il nous appelle tous : prêtres, religieux, consacrés, mais aussi chaque baptisé, à devenir signes de sa miséricorde.
« Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » Nous avons reçu la foi, l’amour de Dieu et la vie de l’Église. Nous ne pouvons pas garder ces dons pour nous-mêmes. À notre tour, nous sommes envoyés pour annoncer le Royaume des Cieux, par nos paroles, mais surtout par notre vie de foi et de charité.
Jean TRAN, diacre