Fortifier l’intériorité…

« Je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ; restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu ».

Epître aux Ephésiens 3, 14-19

« Car vous voyez là, mes frères, un grand mystère. Le son de nos paroles frappe les oreilles ; le maître est à l’intérieur. Ne croyez pas qu’un homme puisse apprendre quelque chose d’un autre homme. Nous pouvons vous avertir en faisant du vacarme avec notre voix ; s’il n’y a pas à l’intérieur quelqu’un pour vous instruire, c’est en vain que nous faisons du bruit.

Alors, frères, vous voulez vraiment savoir ? N’avez-vous pas tous entendu ce sermon ? Combien sortiront d’ici sans avoir rien appris ? En ce qui me concerne, je me suis adressé à tous, mais ceux à qui cette onction ne parle pas à l’intérieur, ceux que l’Esprit Saint n’instruit pas de l’intérieur, ils reviennent chez eux sans avoir rien appris. L’enseignement de l’extérieur, c’est en quelque sorte une aide ou des avertissements ; il a sa chaire dans le ciel celui qui instruit les cœurs. C’est pourquoi il dit lui-même dans l’Évangile : « Ne vous faites pas appeler maître sur la terre. Un seul est votre maître, le Christ » (Mt 23, 8.10).

Qu’il vous parle donc lui-même à l’intérieur, puisqu’aucun homme ne s’y trouve, car même si quelqu’un se trouve à ton côté, il n’y a personne dans ton cœur ? Que dis-je ! Que ton cœur ne soit pas vide de toute Présence ! Que le Christ soit dans ton cœur ! Que son onction soit dans ton cœur, afin que ce cœur altéré ne soit pas dans la solitude et privé des sources où il peut se désaltérer.

Il est donc à l’intérieur, le maître qui enseigne ; c’est le Christ qui enseigne ; c’est son inspiration qui enseigne. Là où il n’y a ni son inspiration ni son onction, nous faisons retentir en vain nos paroles à l’extérieur. Telles sont ces paroles, frères, les paroles que nous faisons retentir à l’extérieur ; elles sont comme les soins du cultivateur pour un arbre. L’homme travaille à l’extérieur : il donne de l’eau et apporte tout son zèle à la culture. Quels que soient les soins qu’il donne à l’extérieur, est-ce lui qui forme les fruits ? Est-ce lui qui revêt la nudité des branches avec l’ombre des feuilles ? Accomplit-il quelque chose de tel à l’intérieur ? »

– Ces derniers mois, quelle expérience de mon intériorité ai-je fait ? Quel est l’homme intérieur dont parle saint Paul ? – Pourquoi est-il nécessaire que se fortifie en nous l’homme intérieur ? Saint Augustin, Homélies sur la première épître de saint Jean III, 13