Les « dimanches des sacrements » sont quatre dimanches dans l’année où, après la messe de 10h30, nous vous proposons un temps d’échanges et d’enseignement sur un thème de vie spirituelle, pendant une trentaine de minutes. Si ces dimanches sont particulièrement destinés aux adultes qui se préparent à recevoir un sacrement, ils sont aussi ouverts à tous ceux qui souhaitent participer à ce moment d’échanges et de réflexion.

Le thème choisi pour cette année : ESPÉRER ! Quand la morosité, le fatalisme ou même le désespoir nous guettent, comment réagir ? Quelle est la place de la « petite sœur espérance » entre la foi et la charité ? Comment l’espérance oriente-t-elle notre vie de tous les jours ?

Vous pouvez déjà noter :

  • Dimanche 1ᵉʳ octobre : Quelles raisons d’espérer ?
  • Dimanche 19 novembre : Espérer quoi ? Espérer qui ?
  • Dimanche 14 janvier : Une nouvelle conception du temps et de l’histoire
  • Dimanche 28 avril : Bâtir le Royaume

TROISIÈME DIMANCHE DES SACREMENTS

14 janvier 2024

Une nouvelle conception du temps et de l’Histoire

« Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour » Gn 1, 5b

« Les témoignages néotestamentaires ne nous laissent aucun doute sur le fait que dans la “Résurrection du Fils de l’homme” quelque chose de totalement différent se soit produit. La Résurrection de Jésus fut l’évasion vers un genre de vie totalement nouveau, vers une vie qui n’est plus soumise à la loi de la mort et du devenir, mais qui est située au-delà de cela – une vie qui a inauguré une nouvelle dimension de l’être-homme. C’est pourquoi la Résurrection de Jésus n’est pas un événement singulier, que nous pourrions négliger et qui appartiendrait seulement au passé, mais elle est une sorte de “mutation décisive” (…), un saut de qualité. Dans la Résurrection de Jésus, une nouvelle possibilité d’être homme a été atteinte, une possibilité qui intéresse tous les hommes et ouvre un avenir, un avenir d’un genre nouveau pour les hommes. »

Joseph Ratzinger, Benoît XVI, Jésus de Nazareth, De l’entrée à Jérusalem à la Résurrection, éd. Parole et Silence, 2012, p. 288.

« Il est grand le mystère de la foi :
Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus,
nous proclamons ta Résurrection,
nous attendons ta venue dans la gloire. »
Anamnèse

  1. Quelle est pour moi la signification du temps ? du passé ? du présent ? du futur ?
  2. Qu’apporte la Résurrection du Christ au temps des hommes et à l’Histoire ?
  3. La participation à la messe nous aide-t-elle à vivre autrement le temps ?

Deuxième Dimanche des Sacrements

19 novembre 2023

Espérer quoi ? Espérer qui ?

« Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : Telle sera la descendance que tu auras ! (…) Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste. En disant que cela lui fut accordé, l’Écriture ne s’intéresse pas seulement à lui, mais aussi à nous, car cela nous sera accordé, puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. » Rm 4, 18.23-25.
« Mais j’en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur sur la terre des vivants. “Espère le Seigneur, sois fort et prends courage : espère le Seigneur.” » Ps 26 (27), 13-14.
« Ce n’est pas dans un être mensonger que tu espéreras, dans quelqu’un qui pourrait décevoir, qui aurait à se mettre en quête lui-même de ce qu’il veut donner. Il est tout-puissant, celui qui a promis, il est véridique, il est fidèle. Espère dans le Seigneur, agis avec courage, (…) cette parole s’adresse à nous tous, s’adresse comme à un seul homme. Car nous sommes un dans le Christ, nous sommes le Corps du Christ qui n’avons qu’un désir, qu’une prière, qu’une demande, nous qui gémissons dans ces heures terrestres de nos misères, mais qui croyons fermement voir un jour la bonté du Seigneur sur la terre des vivants. »
Saint Augustin, Commentaire des psaumes.
« Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons aussi, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui. (…) Réconfortez-vous donc les uns les autres avec ce que je viens de dire. » 1 Th 4, 13.14.18.
« (…) La mission que Dieu m’a confiée, c’est de mener à bien pour vous l’annonce de sa parole, le mystère qui était caché depuis toujours à toutes les générations, mais qui maintenant a été manifesté à ceux qu’il [Dieu] a sanctifiés. Car Dieu a bien voulu leur faire connaître en quoi consiste la gloire sans prix de ce mystère parmi toutes les nations : le Christ est parmi vous, lui, l’espérance de la gloire ! » Col 1, 25-27.

  1. Avons-nous eu l’expérience d’épreuves qui nous ont conduits à « espérer contre toute espérance » ?
  2. L’espérance chrétienne est-elle individualiste ?
  3. Que signifie pour moi « le Christ est mon espérance » ?

Premier Dimanche des Sacrements

Dimanche 1ᵉʳ octobre 2023

Quelles raisons d’espérer ?

« On se méfie souvent de l’espérance, et singulièrement de l’espérance chrétienne. N’est-ce pas une histoire de naïfs indécrottables qui veulent tellement croire que tout va bien que, lorsque les faits leur donnent tort, ils s’inventent un ciel où tout irait mieux, qui a le double avantage de régler absolument tous les problèmes et de n’être jamais démenti par les faits ? Notre espérance n’est-elle que la transposition dans l’éternité d’un optimisme incurable ? L’exemple de Jérémie nous montre que la véritable espérance n’a en fait rien à voir avec l’optimisme. Pour défendre l’espérance authentique, Jérémie n’a cessé de subir les persécutions de ceux qui s’en prétendaient pourtant les champions, ceux qui disaient : ”N’ayez pas peur, tout ira bien”, tandis que Jérémie annonçait malheurs sur malheurs. L’espérance chrétienne ne réclame pas d’optimisme, mais du courage. ”C’est un acte héroïque, pouvait écrire Bernanos, dont les lâches et les imbéciles ne sont pas capables ; c’est l’illusion qui leur tient lieu d’espérance. »

Adrien CANDIARD, Petit traité de l’espérance à l’usage des contemporains, Cerf 2016, p. 48-49.

« La théologie classique de l’Église entend par acedia la tristitia saeculi, cette ”tristesse du monde”, dont l’apôtre Paul dit, dans la seconde épître aux Corinthiens (7, 10), qu’elle ”produit la mort”.

Cette tristesse est un manque de magnanimité ; elle n’a pas le courage des grandes choses qui correspondent à la vraie nature du chrétien. Elle est une sorte de vertige angoissé qui saisit l’homme dès qu’il prend conscience des hauteurs auxquelles Dieu l’a élevé. L’individu pris au piège de l’acedia n’a ni le courage ni la volonté d’être aussi grand qu’il est réellement. Il préférerait être moins grand pour pouvoir se soustraire aux obligations de grandeur. L’acedia est une humilité pervertie ; elle ne veut pas accepter les biens surnaturels parce qu’ils sont, dans leur nature même, liés à une exigence envers celui qui les reçoit. »

Josef PIEPER, De l’espérance, éd. Raphaël 2001, p.61.

« Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. »

Première Lettre de Pierre, 3,15.

« Délivre-nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps : soutenus par ta miséricorde, nous serons libérés de tout péché, à l’abri de toute épreuve, nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur. »

Prière de la messe après le Notre Père

  1. Quels obstacles, quels pièges, quels dangers risquent de me faire tomber dans une fausse espérance ?
  2. Pour quelle raison l’Apôtre Pierre nous invite-t-il à être des témoins de l’espérance ?